On ne crache pas dans la soupe, les victoires dans la douleur auront bien sûr leur importance en cas de titre. Mais dimanche, si le résultat n’y était pas, l’OM aura au moins régalé son public. Un moindre mal.
Emballants, séduisants, enivrants, les Olympiens n’ont pas fait outrage au beau soleil printanier surplombant le Vél’ ce dimanche. Sortis sous leur plus beau visage, ils n’accordaient durant les 45 premières minutes qu’un rôle de figurant à leurs adversaires du jour. Un minimum quand on s’appelle l’OM, diront les mauvaises langues. Mais avant tout une véritable jouissance, si l’on s’en tient en comparaison aux innombrables victoires étriquées, acquises aux forceps cette saison. Car l’excès d’euphorie assumé, traversant ces quelques mots, se justifie de lui-même face au spectacle habituellement proposé. Cette fois-ci, des jeux de passes à une touche, aux dribbles déroutants, il n’aura rien manqué à la mise en scène pour en prendre plein les mirettes. Enfin si, peut-être des buts ! Le nerf de la guerre il est vrai. Mais comment ne pas s’extasier devant l’amour d’ouverture adressée par Cheyrou à Lucho ?
L’appel de balle parfaitement coordonné – que les plus grands renards italiens n’auraient pas renié – du Commandante lui permettait de s’offrir un face à face avec Sorin. Alors certes, le portier icaunais repoussera la tentative, mais l’enchaînement contrôle poitrine-reprise de volée de l’Argentin ne faisait pas non plus d’affront au caviar distillé par son partenaire de l’entrejeu.
Et que dire du show des frères Ayew ? L’instant d’une action, le Vélodrome prenait des airs de Maracana sous l’impulsion créatrice de la fratrie. Passements de jambes empilés, puis petit râteau de la part d’André pour Jordan, qui efface deux adversaires dans la foulée avant d’offrir un angle de frappe à Cheyrou, d’une géniale talonnade en pleine course. Là non plus, la finition n’y est pas, mais alors qu’est-ce que c’est bon !
Cet OM attrayant, mais qui ne gagne pas, on l’avait déjà aperçu par bribes cette saison. On se rappelle notamment qu’à Bordeaux (4e journée de L1), les hommes de Didier Deschamps avaient copieusement baladé leurs homologues girondins… avant de faire 1-1. Rageant. Alors l’OM doit-il impérativement sacrifier le jeu pour s’imposer ? On serait tenté de dire que non a priori. Du moins, le contraire serait malheureux pour un club de ce standing. D’autant qu’en produisant du jeu, en évoluant constamment dans la moitié de terrain adverse, les Olympiens évitaient par la même occasion de se mettre en danger.
Ce n’est qu’en prenant moins le jeu à son compte, et par la force des choses, en reculant, que le club phocéen s’est mis à douter. « On prend un but à un moment où on a quatre défenseurs en ligne, et deux milieux récupérateurs. Ça fait donc six joueurs à vocation défensive pour un attaquant ». Bernard Pardo ne saurait mieux mettre en lumière le paradoxe de la situation.
Face à un Lyon en plein doute, qui ne devrait pas prendre de risque en s’aventurant vers l’avant de façon inconsidérée, l’occasion sera belle pour l’OM d’évoluer haut. De là à étaler les mêmes certitudes dans le jeu que face à l’AJA ? Peut-être pas. Mais bon, avouons-le nous, dominer les Gones sur leur terrain, tout en ramenant les trois points… ça serait sympa, non ?
